INDIA
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J'ai testé le voyage (forcément initiatique) en Inde

par Benedictele 02-08-2017

L’Inde, « on adore ou on déteste », qu’ils disaient. Après une heure sur place, on comprend ceux qui détestent, et après quelques jours, ceux qui adorent. Mais qu’importe finalement : et si la richesse de l’Inde n’était pas uniquement en elle, mais avant tout en vous ?

On m’avait dit et répété à l’unisson : « Tu verras, l’Inde, on adore ou on déteste ».

Pas d’accord. L’inde, on adore ET on déteste. Dans le même voyage, dans la  même journée, dans la même seconde. Personne ne me fera croire qu’il aime sereinement, totalement et benoitement cheminer dans un urinoir géant ou slalomer entre des montagnes d’ordures que broutent cochons et vaches, fussent-elles sacrées. Personne ne me fera avaler qu’après plusieurs semaines, un être normalement constitué (donc ni Indien ni Chinois) n’aspire pas à une bulle de silence et d’intimité, deux concepts inconnus en Inde. Personne n’a encore réussi à m’expliquer comment il concilie ses valeurs avec l’inégalité et la discrimination qui sont les fondements revendiqués de la culture hindoue.

En fait, je les ai rencontrés, ces joyeux babas qui disent « adôôôrer » l’Inde.

Pas dans la rue, ni dans les hôtels fréquentés par les indiens. Confortablement installés sur le rooftop d’un hôtel estampillé Lonely Planet ou Guide du Routard, attablés devant une pizza et un capuccino, skypant à leurs potes que « vu qu’ils sont un peu fatigués, ils vont se poser quelques jours sans sortir de l’hôtel ». Rivés à leur smartphone (le voilà, leur point commun avec les Indiens !), ils n’ont ni l’envie, ni l’occasion de dépasser les clichés pour comprendre une culture qui, de toute façon, nous est impénétrable. Comme le disait Rita, une allemande qui vit et travaille depuis 15 ans avec des Indiens : « Plus je les côtoie, moins je les comprends ».

Alors pourquoi sommes-nous si nombreux à être autant attirés par l’Inde, même après y avoir (parfois) (un peu) souffert ?

J’ai ma petite  théorie sur la question, qui n’engage que moi et que je serais ravie de débattre : selon moi, l’Inde est une auberge espagnole.

Au-delà du paradoxe sémantique, tout est dit : en Inde, chacun trouve ce qu’il y amène. Débarquez avec vos certitudes occidentales, et vous ne résisterez pas 10 jours hors des circuits occidentalisés, climatisés, édulcorés, recolorisés spécialement pour les touristes. Allez-y désireux d’évoluer, sans trop savoir à quoi vous attendre, et vous y ferez davantage de chemin en un mois que dans n’importe quel autre pays du monde en deux ans.

Tout d’abord, parce que l’Inde, avec ses facettes que l’on adore ET déteste, balaye tous nos repères dès la sortie de l’aéroport. Ensuite parce que s’y retrouvent tous les voyageurs en quête d’eux-mêmes, de questions, de réponses, de quelque-chose-sans-savoir-exactement-quoi… et que, une demande appelant une offre, il s’y est développé tout un panel d’ateliers et activités pour y répondre.

Soyons clairs : même après 3 ans ½ de tour du monde, je n’ai rien d’une hippy hallucinée altermondialiste. Je ne suis même pas bobo, c’est dire ! Je ne cultive pas mon potager, je ne brûle pas d’encens, je ne roule pas en vélib’. Je ne mange ni bio, ni végétarien. Au contraire, n’importe lequel de mes proches vous dira combien je suis désespérante de rationalité (une mère prof de math, ça laisse des séquelles).

Et pourtant, avec quelle facilité me suis-je retrouvée en train d’assister un shaman dans ses ateliers de «Full Moon Meditation» et d’«Ayahuasca (voyage intérieur initiatique) sans Ayahuasca (mix de plantes péruviennes hallucinogènes)», de parler d’amour et d’acceptation inconditionnelle avec le premier venu (houlà, je commence à en inquiéter certains), de Mother Earth et de réincarnation (ça y est, je perds des lecteurs, et ceux qui restent me soupçonnent de prendre de la drogue), ou de pratiquer mon yoga tous les matins  (restez, restez, je reviens à des pratiques  plus acceptables).

Vu de France, on imagine des hippies irrécupérables, des marginaux inadaptés, au mieux de gentils illuminés. En réalité, les illuminés sont des gens comme vous et moi, comme vos voisins et vos collègues. Leur seule particularité est d’être ouverts à certains questionnements et… d’avoir décidé d’être heureux. Ce qui, d’une certaine façon, est terriblement marginal.

Bien sûr, on croise quelques authentiques (ou pas ?) panoplies hippies : baggy couche-culotte, rastas cracras et guitare désaccordée en bandoulière. Mais pour le reste, des gens « normaux », à l’attitude plutôt neutre.

En voyageant au long cours, on est d’ailleurs surpris du nombre de gens « normaux » qui ont choisi de ne plus vivre « normalement » (à énoncer en dessinant des guillemets dans l’air et sur un ton un tantinet péjoratif, rappelant la maxime de Coluche : "Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison"). Et ça fait un bien fou, de découvrir qu’on n’est pas les seuls fous !

A visiter : les deux villes incontournables (lire la suite de l'article)

 

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