MONDE
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Être ou ne pas être végan, et si là n’était pas la question ?

par Benedictele 25-04-2019

Végétarien, Flexitarien, végétalien, végan, cruelty free… À moins d’être affreusement insensible aux animaux (et soigneusement naïf quant à leurs conditions d’élevage), difficile de ne pas s’interroger. Mais pour la plupart de nous, élevés au « finis ta viande » et autres « les produits laitiers sont nos amis pour la vie », il semble encore plus complexe de les supprimer totalement. J’ai longtemps butté sur ce dilemme, mes convictions échouant à changer radicalement mes achats. Et un jour, la lumière fut. Pourquoi ne voir de salut qu’en l’un de ces deux clans fratricides, Viandards vs Végans ? Et si ma vérité était ailleurs ?

Être ou ne pas être végan… ou l’être « partiellement » ?

Peut-on être végan « à temps partiel » ? L’être un peu, beaucoup ou passionnément, mais pas impérativement « à la folie ou pas du tout » ?
Jusqu’à récemment, j’osais à peine poser la question, foudroyée d’avance par le mépris des « vrais », des « purs » végans, ceux qui n’éprouvent (ou n’avouent) aucune difficulté à renoncer radicalement au steak, aux crevettes, au cuir, au vin et par la même occasion aux neuf dixièmes de leurs amis et vie sociale « d’avant ».
La réponse à cette question que je ne posais pas est venue d’une de ces rares végétariennes humbles et tolérantes, qui m’expliqua l’être par défaut, par incapacité au véganisme du fait de son irrépressible amour du fromage. Elle déplorait sa limite mais l’acceptait, estimant que même partiel, son engagement avait le mérite d’exister.
Ce fut mon déclic : être ou ne pas être végane, là n’est pas la question ! Pourquoi n’existerait-il que deux voies, l’être totalement ou ne pas l’être du tout ? Pourquoi faire rimer véganisme et fanatisme ?

Je ne suis pas parfaite, je ne suis pas végane, mais j’agis !

Dans tout autre domaine, nous nous efforçons de faire au mieux, tout en sachant pertinemment ne pas être parfaites : l’éducation des enfants, l’assiduité au sport, la patience envers autrui, le ménage, le boulot… On fait  « ce qu’on peut » et on ne renonce pas à toute implication sous prétexte qu’on ne réussit pas toujours tout à 100% !
Appliqué à l’alimentation, cela donne : je suis prête à certains efforts (il en faut pour changer ses habitudes), à diminuer ma consommation de produits animaliers, mais je ne suis pas prête à y renoncer totalement, par exemple quand l’envie est trop forte ou avec certains proches hermétiques.
Et même partiels, mes efforts produisent des résultats, notamment moins de souffrance animale (car pitié, ne soyez pas dupes des vaches hilares et autres cochonnets guillerets des publicités : de la naissance à l’abattage, les animaux souffrent tellement qu’on ne supporte même pas les multiples vidéos ne laissant aucun doute à ce sujet). Eh bien, aujourd’hui, en étant « partiellement végane », je cause moins de souffrance animale qu’avant.

Le « tout ou rien » du véganisme ne dessert-il pas sa propre cause ?

Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour les animaux… que les végans « totalitaristes » devraient méditer. En prônant le « tout ou rien », ne font-il pas plus de mal que de bien à leur propre cause ?
Simple logique mathématique : 1 000 000 x 50% > 100 000 x 100% ! Je traduis : un million de personnes semi-véganes, cela sauve de la torture bien plus d’animaux que 100 000 totalement véganes. Or un million de semi-végans est bien plus réalisable (la majorité des Français souhaitent réduire leur consommation de produits animaliers) que l’équivalent en 100% végans. En cause, la résistance humaine au changement : acculés au pied du mur du « tout ou rien », culpabilisés, la plupart optent pour le « rien » et abandonnent jusqu’à l’idée : si l’effort paraît colossal, on reporte, on renonce, et on se trouve même des excuses pour apaiser sa mauvaise conscience !

Alors, pourquoi pas un petit changement par-ci par-là, pourquoi pas dès demain ?
Certains appellent cela le flexitarisme… Mais a-t-on vraiment besoin d'une étiquette pour, à l'occasion, se dire qu’on n’a pas absolument envie de jambon dans son sandwich, ou qu’il y a bien assez de beaux accessoires pour ne pas les choisir en cuir ?

Les animaux et la planète vous remercient !


par Benedicte

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